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EXPOSITIONS /
EXHIBITIONS (SELECTION)

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Cosmologies - Produit Rien

COSMOLOGIES

Denis Farley x produit rien

Si cette exposition de Denis Farley fait état d’un phénomène cosmologique, c’est bien celui de la gravitation. Les prises de vue nous renvoient sans cesse des impressions d’axes de rotation, d’orbites, de sphères en mouvement. En s’approchant de la constellation d’images qui occupe tout un mur de l’exposition, on remarque d’anciens globes planétaires. Quelques pages de garde marbrées, leurs motifs médiévaux faisant écho à des tourbillons et à des nébuleuses, se retrouvent aussi amassées dans cet agrégat d’images. Mais ce qui attire le plus l’attention ce sont ces agencements d’objets difficilement identifiables éclairés de lueurs bleues, vertes et rougeâtres dignes d’un laboratoire de science-fiction. Que souhaite-t-on quantifier avec ces instruments apparemment savants ?

S’il est vrai que physiciens et astronomes cherchent encore à comprendre les forces qui régissent l’Univers, peut-être assistons-nous ici à des essais de modélisation. Plusieurs des maquettes aux allures scientifiques se déclinent dans une séquence d’images qui accentue la sensation de rotation. D’autres compositions font allusion à une conception de l’Univers plus ancienne informée par la pensée scientifique et par le mythe, tandis que la série de cyanotypes qui complète l’exposition nous plonge plutôt dans une réflexion profonde sur l’état précaire de notre planète. Si cette conclusion semble désolante, elle reste cependant animée par un élan créateur mû par ce processus photographique plus artisanal. En empruntant la lumière du Soleil et la limpidité de l’eau, Farley éclaire des phénomènes—parfois sublimes, souvent inquiétants—qui nous dépassent tous.

Stéphanie Hornstein

Montréal, avril 2023

Networks - Musée de la civilisation, Québec
Networks - Plein Sud

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Denis Farley x Musée de la civilisation, Québec

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Denis Farley x plein sud

L’œuvre de Denis Farley s’est longtemps distinguée par une attention soutenue portée aux systèmes de vision. Chambres obscures, dispositifs de télésurveillance ou observatoires astronomiques ont en effet formé le socle thématique d’une pratique artistique mettant en exergue des sites d’observation et des « instruments » optiques. Elle-même machine de vision, la photographie était également soumise à l’enquête. Une interrogation sur le visible animait ainsi la démarche de Farley, tant sur le plan du sujet que sur celui des formes représentatives retenues.

Plus récemment, mais fort de ses réalisations antérieures, Farley a modulé son approche, en s’intéressant cette fois au monde de l’infravisible. Que ce soit à travers la représentation de dispositifs techniques d’émission ou de captation d’ondes (Parallèles Networks, 2016), d’infrastructures de gestion de flux de données (Réseaux, 2013) ou encore par la capture de configurations immatérielles (Nuages, 2015), les contenus de représentation privilégiés par Denis Farley ont tous trait à des systèmes de transmission des informations, de relais ou de stockage (« cloud ») des données. Certaines de ses images montrent d’ailleurs qu’une forme de « colonisation » de l’architecture et des espaces publics par des technostructures dédiées à la communication est actuellement à l’œuvre. D’autres images confrontent le spectateur aux méandres des systèmes d’acheminement des informations numériques. Plus métaphoriques enfin, certaines photographies trouvent dans le motif du nuage l’emblème d’une transsubstantiation du visible. Car il faut bien conférer une visibilité à ces flux, ces ondes, ces algorithmes et autres impulsions électriques au fondement de nos dépendances contemporaines à la communication instantanée et au partage tous azimuts des images.

C’est à ces travaux réalisés au cours des dix dernières années que cette exposition est consacrée. Si cette dernière n’est pas de nature rétrospective, elle propose néanmoins, par la présentation d’œuvres sondant les confins du visible, de repenser le paradigme de la vision, si prégnant dans les premières œuvres de Denis Farley.

Texte : Vincent Lavoie, commissaire, 2018

Aux confins du visible - Centre Expression St-Hyacinte